« Encore un effort » de Freddy Tsimba présentée à l’occasion de la Biennale du Congo, Kinshasa

La Collection Leridon est heureuse de prêter l’oeuvre monumentale « Encore un effort » de l’artiste Freddy Tsimba à l’occasion de la Biennale du Congo, qui se déroule à Kinshasa du 20 Octobre au 21 Novembre 2019.

Freddy Tsimba devant son oeuvre « Encore un effort » dans son atelier à Kinshasa

La Biennale du Congo est un festival d’art contemporain congolais qui se déroulera sur 33 jours dans des espaces publics, un institut d’art raffiné, des espaces de galerie, l’espace Kin Art Studio, l’institut français et le centre d’art Bilembo.

Plus de 40 artistes, designers, architectes, historiens de l’art, conservateurs, critiques d’art et autres des 5 continents ont été invités à proposer un projet qui sera réalisé et présenté dans le cadre de cet événement international dans la ville cosmopolite de Kinshasa.

« Encore un effort », oeuvre monumentale de Freddy Tsimba
présentée à Kin Art Studio pour la Biennale du Congo.

Afin de réaliser cette oeuvre, l’artiste exploite des cuillères usées ou encore abandonnées dans les poubelles de Kinshasa par leurs propriétaires.  Ces couverts peuplent les poubelles de Kinshasa. L’artiste en fait usage en l’exploitant dans ses compositions pour dénoncer ceux qui ont faim. 

Freddy Tsimba activant son oeuvre « Encore un effort ». Kinshasa, 2019


Né à Kinshasa en 1967, Freddy Bienvenu Tsimba est diplômé de l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, option sculpture monumentale.

Il est détenteur de la médaille d’argent des Jeux de la Francophonie, à Ottawa, au Canada en 2001. Entre autres mérites, il a été gratifié d’un diplôme d’honneur, lors du salon international des arts plastiques, à Béziers. L’artiste a été l’ambassadeur de la RD Congo dans plusieurs festivals à travers le monde.

Dans son quartier de Matonge, il ne s’imagine pas – durant sa tendre jeunesse – qu’en fabriquant des modèles de voitures en fil de fer qu’il s’effraye un avenir radieux dans le monde de la sculpture congolaise. Freddy Tsimba exploite aujourd’hui le bronze, le métal, la terre et le ciment.  Ce sculpteur a imposé sa discipline artistique dans un univers des créateurs le quartier Matonge à Kinshasa où se croisent sapeurs, musiciens et autres vendeurs des brochettes.  De Kinshasa, capitale de la sape et de la musique congolaise, Freddy Tsimba se révèle dans ses créations monumentales.

Le Prix Leridon attribué aux artistes Beya Gille Gacha et Adejoke Tugbiyele.

Le Prix Leridon à été remis le 10 octobre 2019 par Gervanne Leridon à l’occasion de BISO, Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou.

Gervanne Leridon entourée des membres du Jury de BISO – Biennale internationale de Sculpture de Ouagadougou

Un grand bravo aux deux lauréates: Beya Gille Gacha et Adejoke Tugbiyele !

Créée à l’initiative du photographe burkinabè Léon Nyaba Ouedraogo et du responsable des ventes d’art contemporain de la maison Piasa, Christophe Person, la première édition de la Biennale internationale de sculpture de Ouagadougou (BISO) se tient du 6 Octobre au 15 novembre 2019.

Née d’une mère camerounaise et d’un père français, Beya Gille Gacha utilise les perles inspirées de la tradition bamileke pour recouvrir ses sculptures. Sa série des ORANTS aborde les thèmes de l’enfance et de la construction de l’être. Dans l’ORANT #5, un enfant brise le sol en béton afin de révéler la terre étouffée et d’y planter trois arbres hautement symboliques et fertiles : un Karité, un Nere et un Bambou. L’artiste a souhaité ainsi rappeler la parole visionnaire de Thomas Sankara, qui instituait de planter un arbre à chaque grande occasion. Brisant le cadre imposé par l’éducation et la société, cet enfant ose prendre sa place au sein de la société et fait naître un nouvel avenir en replaçant les enjeux environnementaux et écologiques au centre des préoccupations.

ORANT #5, 2019 Dimensions variables ©Beya Gille Gacha
Photo d’illustration de l’article: https://www.jeuneafrique.com/840619/culture/burkina-faso-ouagadougou-accueille-la-premiere-biennale-de-la-sculpture-du-continent/?fbclid=IwAR2JztG51YM-IRH016GDBQmvXoMuQrROZs_1sD1bnQeUVZLQz6AE61J0TaU

Née aux Etats-Unis et ayant grandi au Nigeria, Adejoke Tugbiyele est une artiste queer engagée. Ses oeuvres célèbrent la diversité, la sexualité et l’individualité des femmes noires et des minorités, appelant un meilleur équilibre entre les sexes. Les balais traditionnels – associés historiquement aux femmes – sont transformés en lignes et en formes qui célèbrent l’essence, la beauté et la force des femmes. Inspirée par la vision et l’héritage de Thomas Sankara et de son mouvement de libération des femmes, la sculpture intitulée « Ange », suggère la présence d’hommes bi-spirituels et/ou de femmes pleine d’énergie féminine pouvant se présenter comme des anges divins.

Untitled, 2019. DImensions variables ©Adejoke Tugbiyele
(détail) Untitled, 2019. Dimensions variables ©Adejoke Tugbiyele

L’oeuvre «For those left behind» de Willie Bester au Rupert Museum

Du 18 mai 2019 au 10 mai 2020, le Rupert Museum de Cape Town présente The Cape Town Trienniale, une exposition regroupant une sélection d’artistes contemporains célèbres ayant participé à cet évènement depuis ses débuts. L’exposition rassemble les œuvres qui ont été exposées lors de la Triennale ainsi que des productions plus récentes de ces même artistes. Tous les artistes sélectionnés interrogent et travaillent autour de sujets socio-politiques.

Vue de l’exposition – « Africa Remix», 2005 ©universes-in-universe

Dans ce contexte, la Collection Leridon prête l’oeuvre « For those left behind » réalisée par Willie Bester en 2003 puis exposée durant l’exposition “Africa Remix” en 2005.

Matthias Leridon dans le studio de Willie Bester en Afrique du Sud ©Elodie Gregoire
Willie Bester devant son oeuvre « For those left behind » durant The Cape Town Triennals ©Rupert Museum

La création de Willie Bester est influencée par la conscience sociale. Il s’inspire des oubliés pour créer de puissantes œuvres figuratives audacieuses et agressive. « Mon art doit être pris comme un médicament au goût désagréable pour éveiller les consciences. » déclare l’artiste. Enraciné dans le mouvement « Resistance Art », son travail consiste à faire réfléchir les spectateurs sur les injustices de son pays.

Vue de l’exposition – « The Cape Town Triennals », 18 mai 2019 – 10 mai 2020 ©Rupert Museum

« For those left behind » fait suite à une précédente œuvre de 2001 intitulée « Dogs of War ». Ces deux sculptures font références au scandale d’août 2001 entourant l’unité canine de police de North East Rand de Johannesburg qui avait choqué l’Afrique du Sud toute entière. L’affaire concernait trois migrants Mozambicains agressés par les chiens du groupe policier lancé volontairement à leur poursuite. Willie Bester décide alors de représenter l’un des agresseurs accompagné de son chien. Les matériaux utilisés lui permettent de retranscrire la frayeur de cet épisode et d’une certaine façon, de les déshumaniser.

Artistes exposés: Marion Arnold, Deborah Bell, Willie Bester, Steven Cohen, Keith Dietrich, Philippa Hobbs, Sfiso KaMkame, William Kentridge, Karel Nel, Stanley Pinker, Peter Schütz, Helen Sebidi, Penelope Siopis et Diane Victor.

La collection s’exporte dans les locaux de Natixis Wealth Management

Les œuvres de la collection sont régulièrement présentées en France et à l’international.
Au sein des locaux de Natixis, Gervanne et Matthias Leridon ont décidé d’exposer quelques œuvres symboliques de toute la puissance de deux pays qui leur sont très chers : la République Démocratique du Congo et l’Afrique du Sud.

Au premier plan: Rigobert Nimi, Prédator, 2014
Au second plan de gauche à droite: Kudzanai Chiurai, Revelations V, 2011 et Shula, Course médiatisée, 2013

« Collection bicéphale aux multiples coups de cœur, la RDC avec Kinshasa et l’Afrique du Sud sont sans aucun doute nos deux pays d’adoption en Afrique.

‘‘ Vivre à Kin ‘‘ c’est plonger dans une Afrique qui vit à la vitesse de la lumière pour l’art et la création. Ici les artistes inventent le monde du XXIème siècle, ils construisent les villes du futur en empilant des tubes de dentifrice et des débris urbains. Kinshasa est la capitale artistique de l’Afrique centrale qui rayonne sur le reste du continent. Depuis les peintres d’enseignes de rue, cette capitale ne cesse de provoquer et reste un tremplin incomparable encore aujourd’hui. La RDC, c’est l’art qui donne la vie. »

« Nous avons eu la chance de rencontrer et de développer une relation personnelle profonde avec Nelson Mandela et F. W. de Klerk, c’est pourquoi l’Afrique du Sud est notre deuxième patrie. Dans ce grand, cet immense pays, le pouvoir de la création artistique dessine les contours d’une nouvelle démocratie. L’Afrique du Sud a montré, montre et montrera des chemins d’humanité et de modernité qui permettent de transcender les blessures d’un passé ou d’un présent. Et, nous avons fait le choix de présenter ce soir des artistes sud-africains qui, par leur diversité, illustrent la pluralité de cette nouvelle démocratie. »

De gauche à droite: Chéri Samba, L’espoir fait vivre, 1989
Cameron Platter, Unity in Diversity, 2013
Athi-Patra Ruga, Azania in waiting CIRCA 2008 – 2009 (NIHIL REICH), 2015
Gervanne et Matthias Leridon devant Jesus H. Christ de Kendel Geers, 2006

Ont été exposés:

  • Athi-Patra Ruga, Azania in waiting CIRCA 2008 – 2009 (NIHIL REICH), 2015
  • Bodys Isek Kingelez, Kin Star, 2010
  • Cameron Platter, Unity in Diversity, 2013
  • Camille-Piere BODO Pambu dit Bodo, Avec l’argent on peut toucher le monde, 2007
  • Chéri Samba, Barack Obama, 2010
  • Chéri Samba, L’espoir fait vivre, 1989
  • David Goldblatt, Schoolboy, Hillbrow, 1972
  • David Goldblatt, Shop Assistant, Orlando West, 1972
  • Eddy Kamuanga Ilunga, Sans titre, 2018
  • Freddy Tsimba, Silhouette effacée 490, 2014
  • Jean-Bosco Mosengo dit Shula, Course médiatisée, 2013
  • Kendell Geers, Jesus H. Christ, 2006
  • Kudzanai Chiurai, Revelations V, 2011
  • Mega Mingiedi Tunga, Ne pas regarder et regarder, 2016
  • Nicholas Hlobo, Nalo ikhwezi alinyulu, 2015
  • Rigobert Nimi, Prédator, 2014
  • Willie Bester, Water Pump, 2006

Richard Mudariki au Zeitz MOCAA de Cape Town

Le Zeitz MOCAA, (Museum of Contemporary Art Africa) de Cape Town accueille du 12 septembre 2018 au 31 mai 2019 l’exposition « Five Bhobh– Painting At the End of an Era » L’exposition réunit 30 artistes du Zimbabwe.

A l’occasion de cette exposition, la Collection Leridon prête l’oeuvre « Patriotic Stereo Tape » de Richard Mudariki.

Première de couverture du catalogue
« Five Bhobh– Painting At the End of an Era » 

Comme l’explique la commissaire de l’exposition Tandazani Dhlakama, Five Bhobh (cinq dollars du Zimbabwe) est le tarif moyen pour voyager localement en kombi, une sorte de minibus. Dans cette exposition les artistes sont vus comme les passagers d’un kombi représentant la nation du Zimbabwe.

Les vingt-neuf artistes exposés sont en route vers une nouvelle époque et contemplent par leur fenêtre le passé qu’ils abandonnent, celui dans lequel le président Mugabe était encore présent.

« L’exposition montre comment les artistes ont capturé ce moment historique, leur anticipation, leur angoisse et leur espoir, peu importe qui vous êtes ou quel parti vous supportez. »

Parmi ces « voyageurs », on retrouve l’artiste Richard Mudariki dont les dernières œuvres présentées tournent toutes autour d’un même sujet: celui de la possible réforme politique dans son pays.

Vue de l’exposition – « Five Bhobh: Painting at the end of an era », 12 septembre 2018 au 31 mai 2019, ©Zeitz MOOCA

« J’ai grandi dans les années 90 avec des cassettes de Tupac et un Walkman.»  
Ce souvenir d’enfance mêlé et ses préoccupations présentes ont inspiré à Richard Mudariki l’œuvre Patriotic Stereo Tape.
Lorsque le visiteur s’approche de cette œuvre, l’hymne national zimbabwéen commence à retentir et une vieille cassette s’enroule demandant : est-ce que les dirigeants vont aller de l’avant rapidement ou revenir en arrière et rejouer ce qui s’est passé auparavant ?

Patriotic Stereo Tape, 2018, Acrylic on canvas. ©Richard Mudariki, Courtesy Collection Gervanne & Matthias Leridon. Credit Photo: Zeitz MOCAA

Artistes présentés :

Admire Kamudzengerere (Zimbabwe) Anthony Bumhira (Zimbabwe) Berry Bickle (Zimbabwe) Charles Bhebe (Zimbabwe) Cosmos Shiridzinomwa (Zimbabwe) Duncan Wylie (Zimbabwe) Gareth Nyandoro (Zimbabwe) Gillian Rosselli (Zimbabwe) Greg Shaw (Zimbabwe) Helen Teede (Zimbabwe) Isheanesu Dondo (Zimbabwe) Janet Siringwani-Nyabeze (Zimbabwe) John Kotzé (Malawi) Kresiah Mukwazhi (Zimbabwe) Kudzanai-Violet Hwami (Zimbabwe) Kufa Makwavarara (Zimbabwe) Mostaff Muchawaya (Zimbabwe) Misheck Masamvu (Zimbabwe)
Percy Manyonga (Zimbabwe) Portia Zvavahera (Zimbabwe) Rashid Jogee (Zimbabwe) Richard Mudariki (Zimbabwe) Shalom Kufakwatenzi (Zimbabwe) Simon Back (Zimbabwe) Tatenda Magaisa (Zimbabwe) Tawanda Reza (Zimbabwe) Thakor Patel (India) Troy Makaza (Zimbabwe) Wallen Mapondera (Zimbabwe)

Mega Mingiedi exposé au Museum Joanneum de Graz et à la Kunsthalle de Tubingen, Allemagne.

Du 22 septembre 2018 au 27 janvier 2019, Le Museum Joanneum de Graz en Autriche a présenté son exposition « Congo Stars ». Du 9 Mars 2019 au 30 Juin 2019, l’exposition est reçue à la KUNSTHALLE TÜBINGEN.

Pour l’occasion, un diptyque de l’artiste Mega Mingiedi est prêté par la collection Gervanne et Matthias Leridon.

Affiche de l’exposition « Congo Stars »

L’exposition « Congo Stars » met à l’honneur les artistes contemporains congolais les plus représentatifs du paysage national à partir des années soixante. Scindée en six thèmes (exploitation, mythologie / spiritualité, bar, stars / héros publics, marché / rues / espace urbain), l’exposition prend comme fil conducteur la chronologie des évènements importants de l’histoire de la RDC (République Démocratique du Congo).  

Mega Mingiedi est un artiste très engagé dans sa société. Il est membre du collectif Eza-POSSIBLES de Kinshasa, un regroupement d’artistes dont l’objectif est de rendre l’art contemporain plus proche de la réalité et du quotidien des kinois.

Vue d’exposition au Museum Joanneum. Au premier plan « Mobutu » de Mega Mingiedi. ©Universalmuseum Joanneum / N.Lackner.

Son travail porte principalement sur l’espace urbain et la place des citoyens dans la ville. C’est donc naturellement que ses oeuvres intègrent le chapitre « STREET » de l’exposition.

Mobutu, 2018, Technique mixte (collage, stylo bille, crayon, encre de chine) sur papier bristol. ©MegaMingiedi, Courtesy Collection Gervanne & Matthias Leridon

Mobutu (2018) est un diptyque qu’il décrit comme se centrant sur le règne du dictateur Mobutu Sese Seko (1965-1997). Selon Mingiedi, il s’agit du seul personnage politique qui aurait eu la possibilité de changer la donne pour le Congo. Malheureusement son propre projet, pharaonique et mal adapté aux besoins du pays, s’est retourné contre lui. C’est pour cela, selon l’artiste, qu’il peut être considéré comme étant une figure ayant grandement participé à causer la crise qui réduit aujourd’hui la RDC au chaos et à la ruine. 

Kabila Mzee, 2018, Technique mixte (collage, stylo bille, crayon, encre de chine) sur papier ©MegaMingiedi, Courtesy Collection Gervanne & Matthias Leridon

Son œuvre Kabila mzee (2018) traite de l’ex chef d’État congolais, Laurent-Désiré Kabila. « Mzee » littéralement le Vieux, le Sage, est considéré comme un « héros national » au Congo. Cette section du diptyque porte sur le mystère de la fin de son règne. Ce processus qui l’y a mené commence bien en amont avec l’héritage laissé par ses prédécesseurs européens mais aussi africains. L’artiste pense que s’est en s’intéressant à cet héritage que l’on pourra arriver à la vérité et surmonter la confusion des versions contradictoires concernant l’assassinat de Kabila père.

Ensemble des artistes présentés dans l’exposition:

Alfi Alfa (Alafu Bulongo), Apollo, Prince Badra, Sammy Baloji, David N. Bernatchez, Kiripi, Gilbert Banza Nkulu, Chéri Benga (Hyppolite Benga Nzau), Junior Bilaka, Bodo (Camille-Pierre Pambu Bodo), Claude Bosana, Dominique Bwalya Mwando, Chéri Cherin, (Joseph Kinkonda), Trésor Cherin, (Nzeza Lumbu), Revital Cohen et Tuur Van Balen, Revital Cohen, Edisak, Ekunde (Bosoku), Sam Ilus (Mbombe Ilunga), Jean Kamba, Eddy Kamuanga Ilunga, Kasongo, Jean Mukendi Katambayi, Kayembe F, Aundu Kiala, Bodys Isek Kingelez, Ange Kumbi, Hilaire Balu Kuyangiko, Lady Kambulu, Gosette Lubondo, Lukany, Ernest Lungieki, George Makaya Lusavuvu, Tinda Lwimba, Mah Magoah, Développement Mani, Maurice Mbikayi, Mbuëcky Jumeaux (de Mbvecky Frères), Micha JP Mika (Jean Paul Nsimba), Mega Mingiedi Tunga, Moke (Monsengo Kejwamfi),Moke-Fils (Jean Marie Mosengo Odia), Mson Becha Shérif Décor, Musondo, Vitshois Mwilambwe Bondo, Nkaz Mav, Vincent Nkulu, Chéri Samba (Samba wa Mbimba N’Zingo Nuni Masi Ndo Mbasi), SAPINart (Makengele Mamungwa), Monsengo Shula , Sim Simaro (Nsingi Simon), Soku Ldj, Maître SYMS (Bayangu Mayala), Marciano Tajho, Tambwe, Tshibumba Kanda Matulu, Pathy Tshindele Kapinga, Turbo..

« Entre nous » d’Eddy Kamuanga au Vestfossen Kunstlaboratorium

Du 4 mai au 21 septembre 2019, le Vestfossen Kunstlaboratorium, Norvège propose l’exposition « Kubatana » dont le commissariat est assuré par Kristin Hjellegjerde.

Affiche de l’exposition Kubatana au  Vestfossen Kunstlaboratorium

Kubatana est un terme en langue shona au Zimbabwe que la curatrice traduit par togetherness. Ce mot lui est apparu lors de son voyage sur le continent Africain où elle est allée à la rencontre des artistes et a constaté que ces derniers “travaillent tous ensemble, s’entraident, construisent et partagent des ateliers, conseillent leurs pairs, inspirent leurs enfants et soutiennent les nouvelles générations ”.

Kristin Hjellegjerde invite le public à découvrir ce fraternalisme à travers le regard de trente quatre artistes exposés issus de dix-neuf pays africains. « Kubatana » propose une riche sélection d’œuvres aux médiums et styles divers.

Pour cette exposition, la collection Leridon est heureuse de prêter « Entre nous », une peinture de l’artiste congolais Eddy Kamuanga réalisée en 2015.

Vue d’installation – Entre nous, 2015, Acrylique et huile sur toile, 180 x 200 cm ©Eddy Kamuanga Ilunga. Credit photo: Vestfossen Kunstlaboratorium
 
 

Gervanne et Matthias Leridon ont rencontré Eddy Kamuanga il y a environ cinq ans lors d’un voyage à Kinshasa (République Démocratique du Congo) alors qu’il n’était âgé que de 22 ans et réalisait sa première exposition. Sans aucun artifice, l’artiste leur a raconté ses recherches sur son pays d’origine et l’histoire du peuple Mangbetu, un peuple originaire du sud du Soudan établi au nord du Congo.

Ce qui les a tout de suite frappés dans cette œuvre a été la rencontre entre la modernité de l’œuvre mêlée la recherche que l’artiste effectue pour retrouver ses origines en partant à la rencontre de son peuple. Les circuits intégrés que dessine Eddy Kamuanga à l’intérieur des silhouettes sombres de ses personnages sont comme des rhizomes, des racines qui se développent. L’artiste mélange les traditions (objets symboliques et les rituels quotidiens du peuple Mangbetu) et les formes culturelles pop (tissus fluorescents) en utilisant l’imagerie numérique d’aujourd’hui. L’artiste représente des femmes aux visages cachés, souvent recroquevillées, dans des scènes actuellement vécues par les Mangbetus telles que la honte ou la solitude, ce qui lui permet de rappeler à une jeune génération africaine en proie à son identité l’importance de son histoire traditionnelle. Il rend hommage à la femme en tant que vecteur de la transmission des traditions, et notamment à sa mère qui a supporté à elle seule toute la famille avec son commerce de sandales. 

Entre nous, 2015, Acrylique et huile sur toile, 180 x 200 cm ©Eddy Kamuanga Ilunga, courtesy collection Gervanne & Matthias Leridon

L’ensemble des artistes présentés dans l’exposition Kubatana:

Dawit Abebe (Ethiopie), Aboudia (Côte d’Ivoire), Igshaan Adams (Afrique du Sud), Leonce Raphael Agbodjelou (République du Benin), Amina Agueznay (Maroc), Lhola Amira (Afrique du Sud), Joël Andrianomearisoa (Madagascar), Younes Baba-Ali (Maroc), Yassine Balbzioui (Maroc), Takunda Regis Billiat (Zimbabwe), Armand Boua (Côte d’Ivoire), Lizette Chirrime (Mozambique), Gerald Chukwuma (Nigéria), Serge Attulowei Clottey (Ghana), Ibrahim El-Salahi (Soudan), Gabrielle Goliath (Afrique du Sud), Eddy Kamuanga Ilunga (République Démocratique du Congo), Cyrus Kabiru (Kenya), Abdoulaye Konaté (Mali), Gonçalo Mabunda (Mozambique),  Ibrahim Mahama (Ghana), Troy Makaza (Zimbabwe), Zanele Muholi (South Africa), Wycliffe Mundopa (Zimbabwe), Niyi Olagunju (Nigéria), Sadikou Oukpedjo (Togo), Cinga Samson (Afrique du Sud), Amadou Sanogo (Mali), Ephrem Solomon (Ethiopie), Sanlé Sory (Burkina Faso), Khadidiatiou Sow (Sénégal), Pamela Phatsimo Sunstrum (Botswana), Moffat Takadiwa (Zimbabwe), Billie Zangewa (Malawi).

L’oeuvre « Rebirth of the Black Venus » de l’artiste Billie Zangewa exposé au Transpalette à Bourges

L’exposition  » SOFT POWER », dont Julie Crenn assure le commissariat réunit les œuvres textiles d’artistes internationaux. Elle résulte d’un désir, celui de mettre en espace la synthèse d’une recherche doctorale menée par la commissaire entre 2007 et 2012 à l’université Bordeaux 3.

« Les textiles créent une rupture autour et à travers les notions d’amateur, d’art et d’artisanat, jetant les mots eux-mêmes dans la crise – s’apparentant à une crise d’identité. » BRYAN-WILSON, Julia. Fray : art+textile politics. The University of Chicago Press, 2017

[ De la déconstruction des masculinités au choc des classes, en passant par l’empowerment des modes de représentation ou le déplacement de pratiques artisanales ancestrales, les artistes injectent à travers les fils et les fibres leurs histoires, leurs expériences et leurs démarches critiques. À travers un corpus généreux d’artistes, une géographie étendue et une pluralité des médiums textiles, trois problématiques à la fois distinctes et complémentaires sont explorées dans l’exposition : l’Histoire et la représentation des corps noirs, l’expérience de l’exil et l’expression plastique d’engagements féministes. ]

                                                                                                Julie Crenn

The Rebirth of the Back Venus, 2010 Tapisserie sur soie,  135 x 100 cm. ©Billie Zangewa courtesy Collection Leridon

Artistes présentées : Ghada Amer – Raymonde Arcier – Babi Badalov – Rina Banerjee – Raphael Barontini – Louise Bourgeois – Yto Barrada – Cathryn Boch – Shadi Ghadirian – Leo Chiachio y Daniel Gianonne – Aurélie Ferruel & Florentine Guédon – Jérémy Gobé – Hessie – Suzanne Husky – Kimsooja – Kapwani Kiwanga – Senzeni Marasela – Marie-Claire Messouma Manlanbien – Lucien Murat – Hassan Musa – Sara Ouhaddou – Athi Patra Ruga – Yinka Shonibare – Skall – Joana Vasconcelos – Aurélie William Levaux – Billie Zangewa.

 

 

L’oeuvre « Azania in waiting CIRCA 2008-2009 (NIHIL REICH) » d’Athi-Patra Ruga à la Somerset House de Londres

 

 

 

 

 

Artiste pluridisciplinaire à la croisée de la mode et de l’art contemporain, Athi-Patra Ruga questionne les notions d’identité, d’aliénation, de symbiose entre le corps et l’esprit. Ses performances, vidéos, photographies et créations textiles emmènent les spectateurs dans des univers subversifs et fantastiques teintés de provocation et d’érotisme.

Au moyen d’une écriture protéiforme, Athi Patra-Ruga architecture un univers où les traditions sud-africaines rencontrent l’esthétique queer, où les mythologies ancestrales s’allient aux artefacts de la fête, aux accessoires bon marché et à une insouciance irrésistible.

Azania in waiting CIRCA 2008-2009 (NIHIL REICH), 2015, Wool and Thread on tapestry canvas, 200 x 220 cm ©Athi-Patra Ruga courtesy Collection Leridon

Azania est peuplé de personnages baroques et sexy, le plus souvent incarnés par l’artiste lui-même, qui affirment une identité, un corps, un positionnement dans le monde et dans l’histoire. Un territoire qui réunit tous ceux qui ne souhaitent pas appartenir à une communauté spécifique, mais plutôt au genre humain dans son ensemble.

L’artiste créé une zone utopique où tout ce qui est traditionnellement séparé vient à s’hybrider et à cohabiter : savant-populaire, art-artisanat, corps-esprit, homme-femme, profane-sacré. Les signes constitutifs d’un royaume (blasons, chevaliers, reines et rois) sont associés au folklore, à la religion ou encore à la mode. Azania est une terre promise, une réaction poétique et politique aux manifestations de la survivance de l’Apartheid.

Artiste phare de la scène sud-africaine, ses œuvres sont présentées lors de manifestations internationales majeures comme la 55e Biennale de Venise en 2013 ou la Biennale d’art contemporain de Dakar en 2008.
Athi-Patra Ruga a exposé ses travaux dans de nombreuses foires, biennales et expositions. A l’occasion de 1-54 à Londres, la Somerset House de Londres accueille la première exposition majeure de l’artiste au Royaume-Uni.

Athi-Patra Ruga, Night of the Long Knives I, 2013. ©Athi-Patra Ruga and WHATIFTHEWORLD courtesy Collection Leridon

L’oeuvre de Michele Mathison présentée pour l’ouverture de la Fondation Norval

©Norval Foundation

L’ouverture tant attendue de la Fondation Norval au Cap est prévue pour le 28 avril 2018!
Le nouveau centre d’art sera un espace de recherche et d’exposition pour les œuvres d’art des 20 et 21ème siècles, ainsi qu’une plateforme pour la musique et l’expression culturelle. La fondation comprend un jardin de sculptures, un amphithéâtre extérieur, des espaces d’expositions, une bibliothèque de recherche, un restaurant et bar, une boutique et une aire de jeux pour enfants.

Dans le cadre de cette ouverture, la Collection Leridon est heureuse de prêter l’installation Kakiebos de Michele Mathison.

Kakiebos 1 & 2, 2017.
Steel, brass & granite (Rustenbueg, African Red), 180 x 30 x 30 cm ©Michele Mathison, courtesy Collection Leridon

(Detail) Kakiebos 1 & 2, 2017.
Steel, brass & granite (Rustenbueg, African Red),  ©Michele Mathison, courtesy Collection Leridon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michele Mathison est né à Johannesburg, en Afrique du Sud et a grandi entre Harare et Bulawayo, au Zimbabwe. Actuellement, il vit et travaille entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud.

Il a effectué un baccalauréat spécialité Arts à la Michaelis School of Fine Arts de l’Université du Cap en Afrique du Sud en 2000. Ayant grandi au Zimbabwe, Mathison s’inspire des objets ordinaires associés à la vie en Afrique du Sud pour les convertir en sculptures. Il travaille souvent avec de la céramique, de la résine et de l’acier, ainsi que divers objets trouvés qu’il reconstruit pour mettre en valeur leurs valeurs symboliques aux multiples facettes, leurs utilisations et leurs qualités.

Il utilise souvent des outils agricoles tels que des houes, des bêches et des haches dans ses œuvres sculpturales pour explorer leur puissance et leurs influences historiques. Dans une interview avec Between10and5, Mathison explique: «Je suis attiré par les métiers artisanaux. Je trouve la beauté dans l’artisanat et la construction dans des professions telles que la menuiserie, la métallurgie et la construction. Je respecte la précision et la compétence des personnes qui conçoivent et fabriquent le monde qui nous entoure. Cela joue un rôle majeur dans mon travail car je suis séduit par la forme et la fonction des objets que j’utilise.  »

Inspirés des marchés, des quincailleries et des routes, Mathison s’intéresse à l’expérience vécue dans les espaces où les gens travaillent, mangent et socialisent: «Là où il y a de la vie.  »

Les expositions personnelles de Michele Mathison incluent: EXIT / EXILE à Nirox Projects (Johannesburg: 2011); Manuel à WHATIFTHEWORLD (Le Cap, Afrique du Sud: 2014); Récolte au Zeitz MOCAA Scheryn Pavilion (Le Cap: 2015) et Uproot à la Tyburn Gallery (Londres, Royaume-Uni: 2016). Son travail a été présenté dans les expositions de groupe suivantes: Dudziro, pavillon du Zimbabwe, 55e Biennale de Venise (Venise, Italie: 2013); Sculpture publique à Arts on Main (Johannesburg, Afrique du Sud: 2014); Anglais cassé à Tyburn Gallery (Londres, Royaume-Uni: 2015) et Espace négatif à WHATIFTHEWORLD (Cape Town: 2016).